Derniere mise a jour du site : 24 mai 2013
Prier et se formerAgendaActualiteCalendrier liturgiqueInfos pratiques
Paroles de notre eveque

Homélie de l’ordination diaconale de Philippe TEULE

 

Homélie de l’ordination diaconale de Philippe TEULE

Dimanche 26 juin 2011
Eglise Notre-Dame de Rochefort

 

Devenir diacre, c’est devenir serviteur. Le mot français "diacre"
provient en effet d’un mot grec qui veut dire "serviteur".
Philippe, tu reçois ce sacrement du diaconat pour devenir, au cœur
de l’Eglise, sacrement du Christ Serviteur.
Lui qui est venu, comme Il le dit lui-même et comme je vais
le rappeler dans la prière consécratoire, "pour servir et non pas
pour être servi".

 

SERVIR LE CHRIST

Avec les autres chrétiens

Si je vais t’imposer les mains en vue du service du Christ, tu n’es pas
le seul à l’assurer, tu n’en as pas le monopole.
Tous les chrétiens ont à servir le Christ, chacun à sa manière,
qu’il soit chrétien laïc, chrétien religieux ou chrétien ayant reçu
le sacrement de l’ordre avec ses trois degrés : diacre, prêtre, évêque.
Tu deviens ministre ordonné, le mot "ministre" signifiant en latin 
"serviteur". Un titre ancien du pape, le premier des évêques, parce que
successeur de Pierre, le définit justement comme "le serviteur des
serviteurs de Dieu".

Lorsque tu seras ordonné prêtre, tu ne vas pas cesser d’être diacre.
Tu continueras d’être serviteur mais à la manière des prêtres, comme
j’essaie de l’être à la manière des évêques. Les diacres permanents,
c’est-à-dire ces hommes qui resteront diacres toute leur vie
(ils sont actuellement vingt dans notre diocèse), nous rappellent en
permanence, par ce qu’ils sont autant que par ce qu’ils font,
le cœur de notre foi chrétienne : si nous voulons pratiquer en vérité
l’Evangile, le Christ nous appelle à être ses serviteurs, comme
lui-même est serviteur, de la même manière que la sienne.

 

Suivre la personne du Christ 

 

 

 

 

 

 

 

Tu es ordonné diacre, non pas en premier lieu pour assurer telle ou
telle fonction, exercer diverses charges, mais d’abord pour suivre
le Christ. C’est Lui qui, par ton baptême et ta confirmation comme
tout chrétien, puis par ce sacrement de l’ordre qui t’est conféré en Eglise,
te consacre et t’envoie. Tu ne t’es pas désigné toi-même.
Tu as répondu à un appel personnel, adressé par l’Eglise au nom
du Christ. Toute vocation est d’abord réponse personnelle à
une invitation de Quelqu’un, le Seigneur Jésus ressuscité.
Le père Antoine Chevrier, fondateur du Prado, institut qui a contribué à
ta formation, s’adressait ainsi à ses séminaristes : 
"Connaitre Jésus-Christ, aimer Jésus-Christ, suivre Jésus-Christ, voilà tout
notre désir, toute notre vie !".

Cette vocation, tu l’as peu à peu découverte puis mûrie à travers
les différentes étapes de ton enfance, de ta jeunesse, puis de ta maturité
d’homme. Elle s’est forgée à travers des épreuves, certaines inévitables
comme dans toute existence humaine, d’autres inattendues.
Aidé et conseillé par de multiples personnes, tu as peu à peu expérimenté
que c’est en avançant sur ce chemin que tu vas réussir ta vie et être
heureux, à travers les joies et les souffrances de ton ministère.
Etre heureux, c’est l’expérience de beaucoup de diacres, de prêtres et
d’évêques, à travers nos faiblesses et nos péchés, grâce au don
permanent de Dieu Trinité.

Cette suite du Christ est aussi signifiée par ton engagement au célibat,
comme lui-même a vécu dans le célibat et la chasteté parfaite.
Pourquoi l’Eglise latine ordonne-t-elle comme prêtres des hommes qui
ont choisi le célibat ? Ce n’est pas du tout par mépris de l’amour humain
vécu dans le mariage. C’est qu’elle s’est peu à peu rendu compte
d’une corrélation, d’une affinité entre le ministère des prêtres et
des évêques et le mode de vie qui a été celui du Christ : célibat
dans la chasteté, sobriété et obéissance pour la liberté.
Tu désires servir et suivre le Christ en cherchant à lui ressembler dans
son style de vie. Ce célibat rend d’ailleurs service à notre société.
Celle-ci en effet, après avoir succombé aux excès du puritanisme, verse,
par le retour de la loi du balancier, dans les excès contraires
du pan-sexualisme. L’idolâtrie du sexe n’est pas le chemin du véritable
épanouissement humain.

 

SERVIR LE CHRIST

DANS SA CHARITE, au sens évangélique, c’est-à-dire l’Amour Infini qui
unit le Père et le Fils dans l’Esprit-Saint et qui nous est communiqué
par Celui-ci grâce aux sacrements : le Christ a révélé à chacun qu’il est
aimé pour lui-même de cet Amour Infini.
Le Christ est allé particulièrement vers ceux et celles qui étaient méprisés,
marginalisés, exclus pour les écouter, les reconnaitre dans leur dignité
et les ré-intégrer dans la société de son temps.

A sa suite, les diacres se doivent d’être attentifs à tous et pas seulement
à quelques-uns. Particulièrement à ceux et celles qui sont en situation
de pauvreté et de précarité pour qu’ils trouvent leur place au cœur
de nos communautés chrétiennes, pour qu’ils puissent non seulement
recevoir ce qui leur permet de se remettre debout mais aussi leur apporter
ce qu’ils peuvent donner en toute réciprocité.
Telle est d’ailleurs la démarche nationale DIACONIA 2013 SERVONS
LA FRATERNITE qui est l’un des six chantiers de notre démarche
diocésaine "BAPTISES SEMEURS D’EVANGILE".
Bien entendu, tu auras à cœur de contribuer à celle-ci en recevant
chaque jour l’inépuisable charité du Christ.

 

DANS SA PAROLE

 

 

  

 

 

 

 

Le père Chevrier en était convaincu. "Je veux - écrit-il dans sa prière
"O Verbe ! O Christ !" - écouter ta divine Parole, la méditer, la mettre
en pratique, parce que dans ta Parole, il y a la vie, la joie, la paix et
le bonheur". Dans un instant, je vais remettre l’Evangéliaire dans
tes mains en te disant "Recevez l’Evangile du Christ que vous avez
la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous livrez ;
à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné".
Oui, la Parole de Dieu est dynamisme personnel et collectif, guérison
de nos blessures, santé spirituelle. Plus tu seras pratiquant de l’Evangile,
plus tu pourras l’annoncer avec force.

DANS SON EUCHARISTIE, cœur des sept sacrements.
Comment ne pas la mettre en valeur en cette fête du Corps et du Sang
du Christ ? Nous venons de l’entendre nous affirmer : "De même que
le Père qui est vivant m’a envoyé et que moi je vis par le Père,
de même aussi celui qui me mangera vivra par moi" (Jn 6,57).
A chaque messe, le Seigneur Ressuscité se donne à nous et nous unit
au don de lui-même, qu’Il a fait par amour. A chaque messe,
Il prend dans nos vies tout ce qu’il peut prendre pour le christifier et
construire ainsi son Corps pour l’Eternité.

Servir le Christ dans sa charité, sa Parole et son Eucharistie,
ces trois tâches vont ensemble, aucune ne peut être sacrifiée
au profit des autres.
C’est ainsi que les diacres, avec leur identité propre, participent à
la construction du Corps ecclésial. La mission de l’Eglise ne se réduit
pas à son action sociale et humanitaire, le service de la diaconie.
Mais, en même temps, l’Eglise est bien dans son rôle lorsqu’elle se
préoccupe des inégalités et des injustices.
Car l’Eucharistie, si elle est l’actualisation du sacrifice du Christ, est aussi
un repas entre frères aimés par un même Père.
Et si nous voulons y participer en vérité, nous ressentons comme lui étant
contraire toute forme de rupture entre les humains.
Sans cesse, le Christ nous appelle à diminuer les écarts sociaux.
Par Lui et grâce à Lui, nous parviendrons à réaliser la communion humaine.

Bonne route, Philippe, sois heureux et courageux.

Amen

 

+ Bernard Housset
Evêque de La Rochelle et Saintes



Vous trouverez toutes les photos prises par le service diocésain de la photothèque :
Photos ordination de Philippe TEULE




Foire aux questionsContactez-nousLes saintsPlan du siteMentions legalesNos liens Donner a l'Eglise