A la suite des mesures antireligieuses décidées par la Convention
nationale, 829 prêtres et religieux originaires de divers diocèses
de France, sont conduits au printemps 1794 vers le port de Rochefort
afin d’être déportés en Guyane.
Enfermés sur deux navires négriers qui resteront finalement ancrés
à l’embouchure de la Charente, 547 mourront victimes d’épidémies
et des brimades de leurs gardiens. A partir du 18 août, les prêtres
les plus malades furent débarqués sur l’Île Madame.
254 y sont inhumés.
Parmi eux Jean-Baptiste Souzy (1734-1794), prêtre du diocèse de
La Rochelle à qui l’évêque du lieu avait donné les pouvoirs de
vicaire général pour la déportation, mort le 27 août, et 63
de ses compagnons, ont laissé un témoignage émouvant de fidélité
au Christ et au Siège apostolique, et de pardon à leurs bourreaux
pour la paix de l’Église et de la société. Ils ont été béatifiés en 1995
par le pape Jean-Paul II.
Depuis 1910, chaque deuxième quinzaine d’août, a lieu un pèlerinage
en souvenir des prêtres disparus
Un livre qui fait référence :

L’Odyssée des quelque 829 prêtres déportés embarqués sur les deux
navires négriers, les Deux-Associés et le Washington,qui, sans jamais
quitter la rade de l’île d’Aix, connurent des conditions de vie
particulièrement atroces, est sans doute une des pages les plus
sombres et les plus oubliées de la Terreur.
Entassés,la nuit, bien au delà des limites du raisonnable, dans un étroit
entrepont, ces malheureux, dont plusieurs sont octogénaires et
d’autres infirmes, vivent là un enfer dans la chaleur et la puanteur
la plus effroyable ; enfer encore aggravé par la malice des équipages
qui les enfument chaque matin aux vapeurs de goudron.
Durant la journée, debout sur le pont, ils n’ont droit qu’à une nourriture
insuffisante, souvent avariée, parfois infecte.
De plus, ils sont soumis au vol, aux brutalités et aux railleries des matelots.
Dans de telles conditions, une épidémie de typhus se déclare en juin.
Les inhumations se font d’abord à l’île d’Aix, qui reçoit dans ses sables
226 cadavres en quelques mois.
A partir du 20 août 1794, un adoucissement relatif se traduit par
la construction d’un hôpital de tentes dans la petite île Madame,
face à Port-des-Barques. 254 prêtres y mourront encore cependant.