Saintes - Jeudi de l’Ascension 2 juin 2011
Si nous sommes rassemblés, c’est bien que nous avons accepté
d’être disciples du Seigneur Jésus. Nous sommes originaires,
en quelque sorte, de plusieurs nations : non seulement de l’Aunis,
de la Saintonge et d’autres provinces françaises, mais aussi des pays
européens et le Sénégal, le Rwanda, Haïti.
Et cette cathédrale nous rattache symboliquement aux générations qui
nous ont précédés, à commencer par les premiers disciples du Christ qui
se sont implantés en cette ville gallo-romaine de Saintes.
Ce Christ, "qui a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre", nous désirons
Le suivre dans la diversité de nos situations humaines et
de nos responsabilités ecclésiales, que nous soyons chrétiens laïcs,
chrétiens consacrés, chrétiens ordonnés.
Nous croyons en sa Parole "et voici que je suis avec vous pour toujours
jusqu’à la fin du monde" (Mt 28, 20), jusqu’à ce moment où, grâce à Lui,
nous serons comblés de la Plénitude de Dieu et trouverons ainsi
la plénitude de nos personnalités.
Jour après jour, nous avançons vers cette Plénitude du Christ, comme Paul
nous l’a annoncée dans la première lecture (Ephé 1, 17-23).
Nous sommes disciples parce que nous sommes baptisés et désireux
de vivre ce sacrement de notre baptême. Il est bon de nous rappeler,
même brièvement, avec le texte de Jean-Paul II sur les fidèles du Christ,
que reprend le concile, l’essentiel de notre baptême.
"Il nous fait naitre à la vie d’enfants de Dieu, il nous unit à Jésus-Christ
et à son Corps qui est l’Eglise, il nous confère l’onction dans l’Esprit-Saint
en faisant de nous des temples spirituels" (n°10).
Ainsi greffés sur la Trinité pour toujours, nous participons à la triple
fonction du Christ Prêtre, Prophète et Roi.
Nous participons à sa fonction sacerdotale, en nous unissant à
son sacrifice par l’offrande de nous-mêmes et de toutes nos activités.
Le concile précise pour les laïcs :
"Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques,
leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes
d’esprit et de corps, s’ils sont vécus dans l’Esprit de Dieu, et même
les épreuves de la vie, pourvu qu’elles soient patiemment supportées,
tout cela devient offrandes spirituelles agréables à Dieu, par Jésus-Christ ;
et, dans la célébration eucharistique, ces offrandes rejoignent l’oblation
du Corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père" (n°14).
Nous baptisés, nous participons à la fonction prophétique du Christ,
particulièrement les laïcs qui annoncent l’Evangile par leurs paroles et
leurs actes et essaient de dénoncer courageusement le mal.
Enfin, tous les baptisés participent à la fonction royale du Christ.
Les chrétiens laïcs "sont appelés par Lui au service du Royaume de Dieu
et à sa diffusion dans l’histoire. Par le combat spirituel qu’ils mènent pour
détruire en eux le péché et par le don d’eux-mêmes pour servir, dans
la charité et dans la justice, Jésus lui-même, présent en tous ses frères,
surtout dans les plus petits."
Ce texte important de Jean-Paul II précise encore :
"La participation des laïcs à la triple fonction de Jésus Prêtre, Prophète
et Roi trouve d’abord sa racine dans l’onction du Baptême, puis
son développement dans la Confirmation et son achèvement et son soutien
dans l’Eucharistie ... C’est en tant que membre de l’Eglise que chacun
participe à la triple fonction du Christ ...
Et c’est justement parce qu’elle découle de la communion ecclésiale, que
cette participation des fidèles laïcs à la triple fonction du Christ exige
d’être vécue et réalisée dans la communion et pour la croissance
de cette communion même."
Nous ne pouvons pas douter qu’à partir de ce fondement, tous
les catholiques peuvent participer à notre démarche diocésaine
"Baptisés semeurs d’Evangile".
Elle est ouverte à tous et pas seulement à quelques-uns.
Tous sans exception ont les capacités d’être pleinement acteurs,
pleinement semeurs d’Evangile.
Avant que le document qui présente le contenu vous soit remis,
je résume trois dynamiques, parmi d’autres :
Nous sommes tous tentés par la force d’inertie.
Permettez-moi de vous citer l’humour du père Bruno Chenu,
dans son livre "L’urgence prophétique", en reprenant une citation de Paul :
"Maintenant, ces trois réalités demeurent, la foi, l’espérance et la charité
mais la plus grande des trois, c’est le statu-quo" (p.153).
Souhaitons que cette démarche favorise l’esprit d’initiative.
Pour cette raison, plusieurs chantiers sont proposés pour que
chaque groupe puisse choisir librement.
Cette pédagogie du choix se généralise.
C’est par l’action choisie que l’on grandit en responsabilité et
que l’on prend confiance en soi.
Plus il y aura des initiatives dans la réalisation des chantiers,
plus l’Evangile sera semé en chaque catholique et autour de lui.
Sans prosélytisme, bien entendu, et dans le respect de
la liberté de conscience.
Mais, pour éviter le désordre, une coordination est nécessaire, assurée
par ceux qui exercent une responsabilité de gouvernance dans
les paroisses, les mouvements, les services, les aumôneries et,
au niveau diocésain, le comité de pilotage.
A l’inverse de la centralisation qui fige et tombe de haut,
la coordination fait confiance et accueille les dynamismes des initiatives,
tout en les régulant.
Chacun, que ce soit une personne ou un groupe, ne peut devenir lui-même
qu’en s’ouvrant aux autres. Mais il est sans cesse tenté de se replier
sur lui et de faire bande à part. Si nous voulons vraiment semer l’Evangile
en nous et autour de nous, sortons de notre isolement instinctif et
ouvrons-nous à la communion. C’est à tous les niveaux de l’Eglise et
dans tous les domaines que le Seigneur nous appelle à vivre la fraternité.
Alors son Esprit Saint fécondera nos semences d’Evangile.
Amen.
+ Bernard Housset
Evêque de La Rochelle et Saintes