Le prix Nobel de la paix 2011 a été conjointement attribué
vendredi 7 octobre à deux femmes libériennes, la présidente
Ellen Johnson Sirleaf et la militante Leymah Gbowee, ainsi qu’à
la Yéménite Tawakkol Karman, a annoncé le comité Nobel norvégien.
Les trois lauréates du Nobel de la paix 2011 sont récompensées
"pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et
de leurs droits à participer aux processus de paix", a déclaré à Oslo
le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.
La plus connue d’entre elles, Ellen Johnson Sirleaf, 72 ans,
première femme à être démocratiquement élue à la tête d’un pays
africain en 2005, a œuvré pour la reconstruction d’un pays ravagé par
14 ans de guerres civiles, qui ont fait quelque 250 000 morts et
laissé une économie exsangue.
"Depuis son investiture en 2006, elle a contribué à assurer la paix
au Liberia, à promouvoir le développement économique et social, et
à renforcer la place des femmes", a fait valoir Thorbjoern Jagland.
"Grève du sexe" au Libéria
Son accession au pouvoir a été rendue possible par le travail sur
le terrain de Leymah Gbowee, "guerrière de la paix" à l’origine
d’un mouvement pacifique qui contribuera, notamment à l’aide
d’une "grève du sexe", à mettre fin à la deuxième guerre civile en 2003.
Lancée en 2002, son initiative originale voit les femmes - toutes
confessions religieuses confondues - se refuser aux hommes
tant que les hostilités se poursuivent, ce qui oblige Charles Taylor,
ex-chef de guerre devenu président, à les associer
aux négociations de paix.
"Leymah Gbowee a mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes
de division ethniques et religieuses pour mettre fin à une longue
guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections",
a noté Thorbjoern Jagland.
Tawakkol Karman, première femme arabe lauréate
Issue d’un autre continent, la troisième lauréate Tawakkol Karman,
"aussi bien avant que pendant le printemps arabe", a elle aussi joué
"un rôle prépondérant dans la lutte en faveur des droits des femmes,
de la démocratie et de la paix au Yémen", a-t-il ajouté.
Tawakkol Karman est la première femme arabe lauréate du prestigieux prix.
Jusqu’à présent, seules douze femmes avaient reçu le prix Nobel
de la paix en 110 ans d’histoire, la dernière étant l’écologiste
kényane Wangari Maathai qui vient de décéder.
Un record de 241 individus et organisations étaient en lice cette année
pour le Nobel de la paix, une édition pour laquelle des acteurs
du "printemps arabe" étaient donnés comme favoris.
Le prix sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort
de son fondateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel.
Il consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions
de couronnes suédoises (environ un million d’euros).
La-Croix.com avec AFP