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Messe congrès de la Mission de la Mer - 23 mai 2009

 

Messe du Congrès de la Mission de la Mer

 

Eglise Saint-Sauveur de La Rochelle
7ème dimanche de Pâques Samedi 23 mai 2009

 

Jn 17, 11-19
Je retiens de cet évangile quatre mots ou expressions  

 

1. Disciples

Le Christ prie son Père "pour qu’il garde ses disciples dans la fidélité
à son nom". Disciples !

Ce mot, vous l’avez repris dans votre thème d’année :
"Appelés à vivre ensemble comme disciples du Christ
pour que le monde soit sauvé".

Etre chrétien, c’est d’abord être disciple du Christ, c’est Le suivre.
Ce n’est pas que vivre des valeurs, c’est être en relation avec
une Personne Vivante, Jésus Ressuscité.
C’est suivre Quelqu’un de vivant et d’agissant parce qu’il est fiable,
parce qu’il inspire confiance, parce qu’il ne peut pas nous décevoir.

Un signe, chaque année, nous est donné de cette fiabilité du Christ
puisque le Seigneur attire 3 000 adultes à être baptisés,
de tous âges, cultures et professions.

Tant que l’on n’a pas cette relation personnelle avec le Christ,
vécue en Eglise, on n’est pas encore chrétien.
Je dis vécue en Eglise, car l’on ne peut pas être et devenir chrétien
tout seul, encore moins si l’on est isolé. La Mission de la Mer est
précisément l’Eglise de ceux et celles qui vivent leur relation
au Christ dans les milieux maritimes, l’Eglise de tous ceux et celles
qui se reconnaissent disciples du Christ dans le monde de la mer.

 

2. Monde

"Ils ne sont pas du monde, de même que moi,
je ne suis pas du monde".

Dans le Nouveau Testament, particulièrement dans Saint Jean,
le mot "monde" a deux significations.

Soit ce qui, en nous et dans la société, s’oppose à Dieu,
à sa Lumière et sa Vérité.
Soit le lieu où l’humanité est en train de s’humaniser, en réponse
à l’appel de Dieu, malgré ce qui lui fait obstacle.

C’est pour cela que le Christ ne demande pas au Père de
"retirer ses disciples du monde, mais de les garder du Mauvais

ou du Mal". Prière semblable à la dernière demande du Notre-Père :
"délivre-nous du Mal".

Le Mal, dans le monde de la mer, vous savez ce que c’est.
Pour les pêcheurs, c’est le fait qu’ils n’arrivent plus à vivre dignement
de leur métier et de leur travail. Avec les quotas imposés,
des flottilles restent à quai, celles qui pêchaient l’anchois par exemple.
Certains ports sont en survie. C’est aussi le désaccord avec
les scientifiques sur les bancs de poissons.
C’est aussi, tant pour les pécheurs que pour les plaisanciers
et les bateaux de commerce, la multiplication des actes de piraterie :
49 navires détournés, 889 membres d’équipage retenus en otages,
11 tués, 21 portés disparus. De nouveaux Barbaresques remettent
en cause la sécurité des routes maritimes.

Le Mal est bien présent.

 

3. Joie

"Je parle ainsi, en ce monde, pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés".

La joie, c’est le contraire de la peur et de l’angoisse.

Certes, les moyens de la Mission de la Mer sont modestes,
le nombre des équipes est petit, elles sont vieillissantes,
même si elles sont vigoureuses.
Le grand défi de s’ouvrir à de plus jeunes n’est pas facile à réaliser.

Pourtant, la joie que le Christ nous offre n’est pas une illusion.
Le bon pape Jean XXIII racontait qu’un soir, très préoccupé
par une pénible affaire, il n’arrivait pas à trouver le sommeil.
Puis il s’est dit : "Après tout, je ne suis que le pape, j’en parlerai demain
au Seigneur, dans mon oraison. C’est Lui le Sauveur du Monde !".
Et il s’est endormi paisiblement.

Oui, notre joie est fondée sur le fait que notre monde est
déjà sauvé en espérance, grâce à la Résurrection du Christ.
Comme votre théologien de cet après-midi, je vous dis que
nous sommes disciples du Christ qui nous arrache au Mal.
Non seulement pour que le monde soit sauvé, mais parce que
le monde est sauvé, est en train d’être sauvé par la vitalité du Ressuscité.

Nous discernons des signes de ce salut à l’œuvre. Par exemple,
l’accueil des marins, dans les Seamens-club, Marin’Escale à La Rochelle,
par tant et tant de bénévoles ; les faits positifs du vivre-ensemble
entre pécheurs et plaisanciers ou entre équipages multinationaux
à bord des bateaux de commerce.
L’Esprit-Saint nous apprend peu à peu à lire les signes du Salut
du Christ dans ce que nous vivons de positif et d’humanisant.

 

4. "Consacrés par la vérité et envoyés"

C’est la dernière phrase de cet évangile.

Oui, ce salut en cours de réalisation, nous pouvons le lire avec
les yeux de notre foi et y participer. Car nous sommes consacrés,
tous les chrétiens par le baptême, les diacres, prêtres et évêques
par le sacrement de l’ordre. Et cette consécration fait de nous
des envoyés du Christ, des missionnaires de sa vérité.

La vérité de Dieu et la vérité de l’homme. La vérité de Dieu
qui estime chaque personne humaine, quelles que soient sa situation,
sa culture, sa religion ou sa non-religion et qui désire le faire participer
à son bonheur, sa liberté, son amour.

La vérité de l’homme dans sa dignité inaliénable, fondée
précisément sur cette estime de Dieu.
"Tout homme est une histoire sacrée", tel est le refrain d’un chant
bien connu. Les droits de l’homme sont les droits de Dieu.
Et quand Dieu est offensé, c’est l’homme qui est offensé.
Car le Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme.
Comme l’oraison d’ouverture l’a proclamé : "il est en même temps
dans la gloire du ciel et avec nous jusqu’à la fin des temps."
Nous espérons les nouveaux cieux et la nouvelle mer.

Amen

 

+ Bernard Housset
Evêque de La Rochelle et Saintes




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